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Résultats - Qualifications Zone Nord Est du championnat de France de Muay Thaï – Bounouar ABDELMOUMENE, véritable Nak Muay !  
17/03/2014

Samedi 15 et dimanche 16 mars, Ibrahim FETTAR et Bounouar ABDELMOUMENE se rendaient à Strasbourg pour disputer les qualifications de la zone Nord Est au championnat de France de Muay Thaï classe A et B. Ibrahim, ayant déclaré forfait sur blessure quelques jours avant, Bounouar fit le déplacement en seul réprésentant du team Originz. Et pour son tout premier combat en boxe thaîlandaise traditionnelle, il s'est particulièrement illustré devant un public conquis. Toujours à déplorer une organisation « approximative » qui n'honore pas les athlètes et encore moins, les disciplines pugilistiques qui souffrent déjà d'une mauvaise réputation. Un week-end qui laisse un goût acre. Explications.

Accompagné de son frère, Mohamed ABDELMOUMENE, et d'un de ses camarades d'entraînement, Romain ESPINOSA, Bounouar retrouve P. PORCELLI, entraîneur ami du club, dépêché pour coacher. Les dates des championnats de Muay Thaï ont été reportées à plusieurs reprises et même si ce weekend du 15 mars est annoncé très tardivement, Bounouar est motivé et prêt, tant en matière de poids que de préparation.

Mais, dès les premiers instants, la compétition apparaît quelque peu "bancale", pour ne pas dire anarchiste. Tout commence par la pesée avec une balance officielle défectueuse - et il ne faut une mémoire d'éléphant pour se rappeler l'épisode balance d'Héricourt en début d'annéeen. Qu'à cela ne tienne, l'organisateur prendra la liberté, mais pas le ton, de réquisitionner la balance personnelle de Mohamed qui l'avait aportée pour contrôler Bounouar avant le pesage officel! Drôle de méthode que d'organiser une compétition dans un sport à catégories de poids en oubliant l'outil indispensable! Impensable même, pourtant vrai!

70,8kg pour le sociétaire dijonnais et sur les quatre adversaires attendus, un sera forfait pour excès de poids tandis qu'un autre n'aura même pas fait le déplacement jusqu'en Alsace. Un compétition en triangulaire s'organise donc et Bounouar ouvre le bal dans la catégorie des -71kg classe B et il ne manque pas le RDV au grand dam de son premier adversaire! En effet, dans les starting-blocks depuis plusieurs semaines, Bounouar ne compte pas passer à côté et c'est gonflé à bloc qu'il entame son premier combat, et de belle manière.

"Du pure Muay! Du style traditionnel!" sont autant de qualificatifs flatteurs lancés depuis le public mais aussi depuis les vestiaires des autres équipes. Bounouar s'exprime sans retenue, laissant parler ces techniques qu'il affectionne particulièrement - coups de coude, de genou, saisies et projections - tout passe et son adversaire en fera les frais à plusieurs reprises. Répétées encore et encore à la salle, les enchaînements font mal et permettent au Dijonnais de prendre une large avance. Mais Bounouar n'est pas reconnu pour être économe et il maintiendra la pression tout au long des 3 rounds de 3 minutes. Et si son valeureux adversaire fait montre d'une grande combativité, il ne parviendra pas à enrayer la machine « Bounouar » et s'inclinera aux points logiquement. Un premier combat formidablement mené qui étonnera P. PORCELLI, coutumier de l'art Thaï: « C'est ton tout premier combat en Muay Thaï ? On dirait que tu as déjà 10-12 combats ? ». Et Mohamed, de confirmer à la place de son frère, qui n'aime pas particulièrement parler de lui : « Si, si ! C'est son premier combat en Boxe Thaï. C'est vraiment ce qu'il aime. » Un échange simple qui prend l'allure d'un compliment.


La joie de cette première victoire sera malgré tout ternie par l'attitude de certains officiels et organisateurs. Le team Originz n'a pas l'habitude de se plaindre mais il reconnaît qu'à force de dénoncer les dysfonctionnements aberrants dont tous les boxeurs, et pas seulement les siens, sont la proie depuis le début de saison, on va penser le contraire. Qu'à cela ne tienne !

Arnaud MIMOUNI explique : « Nous n'avons pas l'habitude de contester les décisions, ni les façons de faire des uns et des autres du moment qu'elles respectent les règlements et le cahier des charges fédéral. Le respect des personnes, professionnelles comme bénévoles, est essentiel. Nos fédérations nous demandent d'être irréprochables en tous points de vue et c'est plus que normal. Mais charité bien ordonnée commence par soi-même ; et ces « anomalies », qui ont failli nous coûter la délégation du Ministère des Sports la saison passée, sont encore trop nombreuses alors qu'elles ne devraient plus être. Problème de matériel, respect des horaires, connaissance précise des règlements, arbitrage partial, qualité d'accueil... Tout est bancal. Même si nous savons que cela ne change pas grand chose, nous voulons exprimer notre mécontentement et attirer l'attention de tous, sportifs, dirigeants, cadres de la fédération. Nous devons tous être rigoureux. Il en va de la pérennité de notre sport. »

 

Moins d'une demi heure plus tard, Bounouar doit remonter sur l'enceinte, ce qui lui laisse peu de temps pour récupérer de sa prestation précédente, d'autant plus son second adversaire n'a pas encore livré le moindre combat. Rien dans le règlement fédéral n'impose un délai de récupération de rigueur entre deux confrontations. Laisser les athlètes se reposer est simplement une question de bon sens et de respect. On préserve ainsi leur intégrité physique. Doit-on rappeler que les athlètes assurent leur performance en étant en pleine possession de leurs moyens ? La boxe est un sport éprouvant physiquement - contrôle du poids et charge d'entraînement importantes - et nerveusement - forte sollicitation émotionnelle et risque élevé en raison de la notion de KO. Et c'est simplement du respect que de leur octroyer un temps de repos décent entre chaque combat.

De plus, les convocations officielles précisaient que les finales se dérouleraient dimanche. Rien n'est fait en ce sens. Bounouar n'est pas de ceux qui se plaignent et il est venu pour combattre, « même si les conditions ne sont pas optimales » dixit l'intéressé. « Je sais pourquoi je viens et la boxe est un sport dur. Donc, on se prépare et on y va. C'est tout ! ».

 

Voilà donc son état d'esprit lorsqu'il entame son second combat. Mais son adversaire, plus râblé et plus dense et surtout plus frais que lui, est bien décidé à ne pas se laisser malmener comme son prédécesseur. Il prend tout de suite les initiatives face à un Bounouar qui a malgré tout jeté quelques forces avant. Un répit digne de ce nom aurait sans doute éviter le choc de leur première âpre confrontation. En effet, sur une série de crochets lourds à la face, Bounouar accuse le coup mais reste debout, et ce, grâce à ses qualités physiques et à son fighting spirit. Il tiendra bon et, revanchard, ira à la guerre. C'est un très gros combat que livreront les deux hommes au temre duquel Bounouar

 

 

 

 




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